Trois ans de prison requis à l'encontre d'un homme soupçonné d'avoir loué ses logements à des prostituées


14 octobre 2019

Il a 53 ans. Est professeur de tennis. Et menait jusqu'à début juillet dernier une existence sans histoire. Cet habitant de Haute-Vienne comparaissait cet après-midi devant le tribunal correctionnel de Montluçon. Ce que la justice lui reprochait? D'avoir louer, à Montluçon (rue des Forges, photo d'illustration, avenue Jules-Guesde, rue Elisée-Reclus, par exemple) et à Limoges, des appartements dont il est propriétaire afin que des femmes ou des personnes transgenre, d'origine sud-américaine, puissent s'y prostituer. Du proxénétisme donc. La période de prévention s'étendait de début 2017 à juillet dernier. Le parquet a requis 3 ans de prison à son encontre. La décision a été mise en délibéré au 12 novembre. 

Comment les faits ont-ils été révélés?

C'est une voisine d'un des appartements montluçonnais concerné qui a prévenu la police, en avril dernier. Elle avait constaté de nombreuses allées et venues d'hommes qui "avaient toujours le téléphone à l'oreille". Elle avait également entendu des "bruits laissant penser à des actes sexuels". Trois mois d'enquête de police ont suivi, avec des surveillances physiques et 2.200 conversations téléphoniques interceptées dont 177 ont fait l'objet de retranscriptions. Trois personnes étaient finalement appelées à la barre, cet après-midi. Le propriétaire des logements donc, mais aussi sa femme, âgée de 62 ans et soupçonnée de blanchiment d'argent (18 mois de prison dont 10 avec sursis requis à son encontre), ainsi qu'un locataire de 32 ans, chargé quant à lui, à quelques reprises, d'accueillir les filles et de récupérer l'argent des loyers. Il était poursuivi pour "complicité de mise de local privé à disposition d'une personne s'y livrant à de la prositution". Ce dernier protagoniste est sous curatelle renforcé. 2 mois de prison avec sursis ont été requis.

Le principal mis-en-cause a-t-il reconnu les faits?

"J'étais en difficultés financières, j'ai cédé, je n'aurais pas du". Le quinquagénaire a reconnu, devant les juges, qu'il s'était rapidement rendu compte que les biens qu'il louait à des femmes d'origine sud-américaine hébergeaient des prestations sexuelles tarifées. Propriétaire d'une trentaine de biens à Montluçon et à Limoges qui devaient servir à "préparer sa retraite", il a expliqué que certains de ses biens ne se louaient plus... alors qu'il avait de nombreux crédits à honorer. "C'était l'engrenage. C'est une grosse connerie", a t-il reconnu. Il s'est toutefois retranché derrière une méconnaissance de la loi. "Je pensais que c'était légal. Je ne faisais que louer d'un appartement. Je ne savais pas ce que j'encourais". Autre argument développé : chacune des locations faisait l'objet d'un bail puis d'une quittance de loyer.

Quelle somme est-il soupçonné d'avoir gagné avec cette activité ?

Le prévenu a expliqué louer ses appartements entre 300 et 500 euros la semaine. Au moins sept de ces logements ont hébergé des activités de prostitution. Entre début 2017 et juillet 2019, date de son interpellation, il a chiffré à entre 50.000 et 60.000 euros les sommes perçues. Bien plus, selon les enquêteurs, qui avaient, par exemple, établi qu'une quarantaine de filles avaient été hébergées rien qu'entre avril et juin dernier.