19 novembre 2019
Après le témoignage poignant et plein de mesures des époux Degl'Innocenti, la Cour d'assises de Moulins s'est penchée ce matin sur le troisième homicide de la série de crimes perpétrés en mars 2017 à Montluçon.
La voix est posée. Le débit très lent. Chez le plus jeune des deux mis en cause, aucun signe apparent de stress. Âgé de 17 ans au moment des faits, il est revenu ce matin sur la macabre virée du duo jusqu'à l'appartement de leur troisième victime, avenue de la République. Refoulés à l'entrée d'une boîte de nuit car trop alcoolisés, ils décident de "roder en ville pour faire de l'argent". D'immeuble en immeuble, ils "fouillent des caves". Veulent rentrer là où les portes s'ouvrent.
Celle du petit appartement de Jeanine Ponce n'est pas fermée. A l'arrivée du duo, la septuagénaire est dans son lit. Elle dort tranquillement. "Sans réfléchir, j'ai sauté sur elle", indique le jeune homme. Le début d'un terrible enchaînement. " J'ai tenté d'avoir des relations sexuelles. Elle s'est débattue, à crié qu'elle allait appeler la police". "Laissez-moi, je suis une vieille" aurait même imploré la victime. "Et ça ne vous a pas arrêté ? ", interroge l'avocate générale.
Le déchaînement de violences ne fait en fait que commencer. Tentative d'étouffement avec un coussin, étranglement, le jeune homme reconnaît même lui avoir marché à plusieurs reprises sur le ventre avant de vider dans sa bouche le contenu d'une bombe anti moustique. " C'était pour arrêter les saignements", lâche-t-il.
L'autopsie révèle que la victime a succombé à une hémorragie due notamment à des plaies à la carotide. Ce matin, le plus jeune des accusés a désigné son compère comme l'auteur des coups de couteau à l'origine de ces blessures. Ce dernier doit être auditionné cet après-midi.
