22 novembre 2019
La Cour d'Assises de l'Allier a rendu son verdict. Les deux auteurs des crimes de Montluçon (Allier), en mars 2017, viennent d'être condamnés à la peine maximale qu'ils encouraient. Zaki Ali T, le plus âgé, 18 ans au moment des faits, écope de la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de 22 ans. Son compère, mineur au moment des faits, de 30 ans de réclusion criminelle. Les deux ont également interdiction de détenir une arme pendant 15 ans. La juridiction a suivi les réquisitions de l'avocate générale, prononcées hier. Epilogue judiciaire de ce qui est sans doute l'une des plus sombres affaires criminelles qu'ait connu la ville.
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Les deux jeunes hommes avaient reconnu avoir tué sauvagement de multiples coups Massimo et Ginette Degl'Innocenti, un couple de septuagénaires, le 3 mars 2017 dans leur appartement de la rue Raquin. Neuf jours plus tard, le même scénario macabre s'était noué dans le logement de Jeanine Ponce, 74 ans, avenue de la République. Frappée, étranglée, elle avait été tuée de coups de couteau dans le cou, après que l'un des accusés avait tenté de la violer. Le duo avait ensuite pénétré dans un appartement du boulevard de Courtais où il avait violé une jeune femme, et ligoté et menacé avec une hache, l'un de ses amis.
Procès des crimes de Montluçon : cinq jours pour expliquer l'horreur
Tout au long des cinq jours d'audience, les deux mis-en-cause avaient froidement raconté leurs folles virées, sans montrer de véritables émotions et en formulant de très timides excuses aux familles des victimes. Hormis leur désir de "faire de l'argent", ils n'avaient pas réellement expliqué sur le fond les crimes atroces qu'ils avaient commis, stipulant simplement qu'ils "se sentaient forts" lorsqu'ils étaient tous les deux. Ils avaient également souligné avoir été très alcoolisés et sous l'emprise de stupéfiants, lors de chacun des crimes commis. Les enquêtes de personnalités et les expertises psychiatriques avaient relevé le cadre violent dans lequel ils avaient grandi à Mayotte, et leurs troubles psychotiques.
Les enfants des victimes avaient de leur côté souhaité des peines "très sévères". Dans des témoignages poignants, en début de semaine, ils avaient souligné la vie paisible et modeste que menaient leurs parents, et avaient confié le profond mal-être dans lequel ils étaient plongé depuis les faits.
L'affaire dite des "crimes de Montluçon" avait eu un fort retentissement dans la cité des bords de Cher. Quelques jours après les faits, des renforts de police avaient été temporairement déployés dans la ville pour rassurer la population.
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Les deux accusés ont un délai de 10 jours pour éventuellement faire appel du verdict tombé ce vendredi. "L'avocat que je suis ne peut que lui conseiller de faire appel", a indiqué maître Jean-Louis Deschamps, l'avocat du plus jeune des accusés, tout à l'heure, sans présager toutefois de ce que ferait son client.
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