28 septembre 2019
Après le jaune de cet été, Julian Alaphilippe enfilera-t-il un maillot arc-en-ciel dimanche soir ? Le coureur montluçonnais est en tout cas l’un des favoris de la course en ligne des championnats du monde.
Les Championnats du Monde sur route débutent ce dimanche au #Yorkshire2019 pour l'Équipe de France
— FFC (@FFCyclisme) September 21, 2019
Le programme de la semaine : https://t.co/f6XVfuoNSK pic.twitter.com/60ZxouPveM
Peut-il boucler cette saison exceptionnelle (victoires sur Milan-San Remo, sur la Flèche Wallonne, deux étapes du Tour de France, et le Maillot jaune porté pendant deux semaines, entre autres) par une nouvelle victoire de prestige? On fait le point sur ses chances de succès.
Des raisons d'y croire....
Il s'est préparé pour cette épreuve.
Nous sommes en juin. Conférence de presse d'avant Critérium du Dauphiné. Interrogé sur la perspective des Mondiaux pourtant bien lointain, Julian Alaphilippe ne se cache pas. "C'est dans un coin de ma tête". Après son formidable Tour de France, il s'est laissé un temps de réflexion. S'est posé, et reposé. Etait-il prêt à repartir au combat? La réponse n'a pas tardé. Oui, le maillot de champion du monde est l'un de ses rêves. Alors, au coeur du mois d'août, il s'est remis au travail. Il a squeezé les rémunérateurs critériums d'après-Tour. A allégé son programme de courses pour arriver plus frais qu'il ne l'était l'an passé, aux Mondiaux autrichiens (8e au final). En clair, depuis la fin du Tour de France, tout ce que le natif de Saint-Amand Montrond a fait était dans l'optique de ces championnats du monde.
Start your day with this emotional, not to be missed video made by @lapedalecc, in which @alafpolak1 talks about winning Sanremo, enjoying a stellar Le Tour with #TheWolfpack, and his desire to put the cherry on the cake by capturing the rainbow jersey.https://t.co/crwD52B3Aj
— Deceuninck-QuickStep (@deceuninck_qst) September 27, 2019
Il a une équipe entière à sa disposition.
Un plan A. Et pas de plan B. Le nouveau sélectionneur national Thomas Voeckler a été clair : Julian Alaphilippe est le leader unique de l'équipe de France. « Je veux qu’il soit dans un fauteuil, le plus relax possible, jusqu’au moment décisif. Les autres ne m’en voudront pas de le dire, c’est lui qui est notre meilleure chance pour le maillot arc-en-ciel », explique l'ancien Maillot Jaune du Tour de France. Les sept coureurs qui accompagneront donc l'ancien habitant de Domérat seront entièrement à son service. Le sélectionneur a même convié Rémi Cavagna et Florian Sénéchal, habituels partenaires d'Alaphilippe chez Deceuninck Quick step. Dans l'histoire récente et même plus ancienne de l'équipe de France, cette configuration avec un leader unique est très rare. Au Montluçonnais d'être à la hauteur.
A (re)lire : Julian Alaphilippe sera le leader unique de l'équipe de France
Il passe rarement à côté des grands rendez-vous.
Julian Alaphilippe est un entêté. Quand il se fixe un objectif, généralement, il répond présent. Il voulait remporter une classique ardennaise? Il sort de deux victoires sur la Flèche Wallonne. Il voulait briller sur les routes du Tour? Il en est reparti, cette année, avec deux victoires d'étape et deux semaines en jaune. Il en est déjà à 12 victoires cette saison. Et pas dans des kermesses. Milan-San Remo, Strade Bianche, étapes au Dauphiné, au Tour du Pays basque... Quand il est en position de l'emporter, le Bourbonnais se rate peu. Bref. Depuis deux ans déjà, celui qui peinait à "scorer" (remember, Rio 2016...) a disparu. Et laissé place à une machine à gagner. Y compris dans les très grands rendez-vous.
Ou pas...
Une petite incertitude sur sa condition.
Julian Alaphilippe avait fini le Tour de France rincé. Deux semaines de défense d'un Maillot jaune, ça use. La preuve. La semaine suivante sur la Clasica San Sebastian, dont il était tenant du titre, il avait abandonné après deux heures de course. Alors, il a coupé. Complètement. Quelques jours sans vélo, pour se ressourcer, refaire du jus. Depuis, il a peu couru. Six jours de course au total. Où on ne l'a pas vu à son meilleur niveau. Sur le Tour d'Allemagne, sa course de reprise, il a logiquement terminé 94e. Il a été mieux, forcément, sur les deux classiques canadiennes du World Tour, au début du mois. 7e sur le Grand Prix de Quebec, 13e sur celui de Montréal, il était avec les meilleurs dans le final. Mais il lui a manqué le "jump" pour l'emporter. Les deux semaines d'entraînement depuis auront-elles été suffisantes pour revenir à son meilleur niveau?
Une concurrence féroce.
Le parcours valloné d'Harrogate (Grande-Bretagne) a cela d'intéressant qu'il peut permettre aux spécialistes de classique, aux puncheurs, et même aux sprinteurs passant bien les bosses, d'espérer. Dès lors, et même si Bernal, Nibali, Pinot ou Bardet ne seront pas là, le plateau proposé demain est de choix. Et la concurrence féroce pour Julian Alaphilippe. Il y a d'abord la jeune garde. Talentueuse et ambitieuse. Emmenée notamment par Mathieu Van Der Poel, la pépite néerlandaise (24ans), issue du cyclo-cross (comme qui vous savez) et impressionnant sur chacune de ses sorties sur route cette saison.
Ou par Remco Evenepoel, le tout jeune (19 ans) belge, coéquipier du Montluçonnais chez Deceuninck, vice-champion du monde du contre-la-montre, cette semaine, et vainqueur de la Clasica San Sebastian, en août. Les "anciens" arrivent également affûtés, à l'image du tenant du titre, l'increvable Alejandro Valverde, 2e de la Vuelta, de Philippe Gilbert (2 étapes sur le Tour d'Espagne), de Van Avermaet (vainqueur du Grand Prix de Montreal) ou de Sagan (2e à Quebec). On n'oubliera pas non plus Matthews, Trentin, Lutsenko, Benett, Roglic ou Pogacar....
Départ à 9h40 dimanche, arrivée prévue aux alentours de 16h30, la course est retransmise sur France 3 et sur Eurosport
