Parmi les principales victimes de l'épisode caniculaire, les agriculteurs bourbonnais. Ils subissent de plein fouet les conditions des derniers jours.
De fortes chaleurs, mais surtout un déficit de précipitations depuis plusieurs mois déjà. La conséquence c’est que les récoltes de fourrages et de céréales s’annoncent bien maigres. Ajoutez à cela une situation explosive dans les champs avec la multiplication des incendies qui a abouti le préfet à prendre un arrêté pour interdire les travaux agricoles entre 12 et 19 heures. En clair, la coupe est pleine, et le moral au plus bas.
Un simple regard aux paysages bourbonnais suffit à s’en rendre compte. "L'herbe est couleur paillasson, alors que d'habitude on connaît ça en juillet ou août. Là, c'est complètement cramé", se désole le président de la chambre d'agriculture de l'Allier Christophe Jardoux. "Sur certains secteurs, ils n'ont pas eu beaucoup de précipitations début mai. Il n'y a pas eu de stock d'herbes d'avance. C'est à flux tendu depuis un moment. Il faut donc affourrager"
Et donc donner à manger à des animaux qui n’ont plus rien à manger dans les prés. En parallèle, les récoltes de céréales s’annoncent également bien maigres du fait du manque d’eau et de la chaleur. "Pour les céréaliers, cela va être la quatrième année où tout va mal. Pas de rendement, pas de prix et une augmentation des charges exponentielle dûe à la crise du Détroit d'Ormuz".
S’ajoutent à cela des incendies en nombre qui ont donc poussé le préfet à interdire les travaux agricoles entre midi et 19 heures. Une mesure qualifiée de "responsable" et que le président de la chambre ne conteste pas … même si elle a forcément des impacts. "J'appelle la population à être clémente parce les nuits, ils vont entendre du bruit. Parce que le matériel agricole, les moissonneuses vont tourner les nuits". Christophe Jardoux résume : "Ca commence à faire beaucoup".Se posera ensuite la question d’éventuelles indemnisations de la part de l’Etat… Mais pour lesquelles le président de la chambre d’agriculture n’est, là non plus, pas particulièrement optimiste