14 novembre 2024
Il s'agit de sa 14e condamnation. A tout juste 29 ans. Un homme a été condamné à trois ans de prison dont un avec sursis, en comparution immédiate, hier, au tribunal correctionnel de Montluçon. Il a été reconnu coupable de dégradation de biens d’autrui, menaces de morts et violences. Sa victime n'était autre que sa désormais ex-petite amie. Qui semble avoir subi le même sort que ses précédentes compagnes puisqu'il avait déjà été condamné pour des violences conjugales.
Pour l'avocate de la jeune femme maître Océane Pochat, "c'est un cas d'école" de l'emprise que peut exercer un homme sur sa victime. Les deux protagonistes ne sont pas en couple depuis longtemps. Pourtant, la jeune femme a vite sombré face à un conjoint décrit comme "très jaloux". "C'était une emprise très rapide", relate l'avocate de la victime. Bien sûr, il y a les coups. Durant la procédure, elle décrit deux scènes de violences physiques. Que le prévenu nie. Bien qu'il ait des trous noirs car "avec l'alcool, je ne suis plus moi-même". Son avocate plaide de son côté des "troubles psychiatriques".
Il y a aussi les violences verbales. Répétées. Dures. Lui reconnaît "des insultes, quand on se disputait". Des insultes qui pouvaient parfois virer aux menaces. "Si tu es encore là quand je reviens, je te tuerai", aurait lancé le mis-en-cause, lors de l'une de ces nimbreux moments de tension qui ont émaillé leur vie commune.
Au-delà des blessures du corps, il y a celles de l'esprit. Plus sournoises encore. Plus longues sans doute à cicactriser. "C'est une victime détruite", résume le conseil d'une jeune femme décrite comme coupée de son environnement, moquée en public, qui s'auto-censure dans la manière dont elle s'habille. Qui arrête soudain de se maquiller. Qui ne dort pas car le prévenu l'aurait obligé à faire le ménage durant la nuit. Avant les derniers faits qui datent de la semaine dernière, elle s'était fait prescrire des anxiolitiques. Un certificat médical note d'ailleurs "une détresse psychologique", imagée par les cris qu'elle poussait lorsqu'elle dormait. "Il voulait avoir la maîtrise de l'ensemble de ce qu'elle faisait", pointe le procureur de la République en requérant à l'encontre du jeune homme une peine de trois ans de prison dont un avec sursis.
Des réquisitions qui ont donc été suivies par le tribunal qui a également prononcé un maintien en détention du prévenu, ainsi qu'une interdiction d'entrer en contact avec la victime, et une interdiction de paraître dans l'Allier. De quoi offrir, peut-être, un peu de répit à une jeune femme qui a régulièrement fondu en larmes, tout au long des deux heures de procès.
