14 octobre 2020
Un Montluçonnais de 22 ans a écopé de trois ans de prison ferme, cet après-midi, en correctionnelle. Il a été reconnu coupable d'un trafic d'héroïne et de cocaïne, entre mai et juillet dernier, dans le secteur de l'avenue de la République et de La Verrerie.
Le jeune homme s'était pourtant montré plutôt conciliant durant l'audience. "J'ai eu un un déclic, avait-il plaidé en racontant sa volonté de réinsertion, depuis son placement en détention provisoire, en juillet. Je ne veux pas passer ma vie derrière les barreaux. J'espère qu'on va me donner une chance de recommencer une nouvelle vie". Mais, un peu plus tard, à l'énoncé du délibéré, il a littéralement explosé en insultant et en faisant des doigts d'honneur aux enquêteurs, présents dans la salle d'audience.
Il faut dire que le jeune homme risquait gros. En récidive pour des faits liés aux stupéfiants, il avait fait l'objet d'un signalement anonyme adressé aux policiers de la brigade de sûreté urbaine, en juin dernier. Les interceptions téléphoniques, les surveillances physiques sur le terrain (notamment derrière l'église Saint-Paul, notre photo), les témoignages de quelques potentiels clients finissaient de lever les doutes sur le trafic d'héroïne et de cocaïne qu'il menait. A l'audience, cet après-midi, le parquet a fait les comptes. 210 contacts, 80 clients réguliers, une quinzaine de rendez-vous en moyenne et jusqu'à 450 euros de transactions par jour... "Un trafic important", expliquait le procureur de la République, en requérant 4 ans de prison ferme à l'encontre d'un prévenu également poursuivi pour la détention de plusieurs armes, dont une carabine 22 long rifle avec lunette et silencieux.
" On est dans l'imaginaire", plaidait l'avocate du jeune homme, pointant le manque de vérifications faites par les enquêteurs dans ce dossier. "Oui, j'ai vendu 1 ou 2 grammes par jour, reconnaissait le prévenu. Mais je n'ai rien gagné. Je finançais juste ma consommation. J'essayais de manger, de payer mon loyer".
Des arguments qui n'ont pas convaincu le tribunal qui l'a donc condamné à trois ans de prison ferme. La douzième mention à son casier judiciaire. Il a également interdiction de séjour dans l'Allier pendant 5 ans, et interdiction de posséder une arme pendant 10 ans.
