Poursuivie pour mise en danger d'autrui, une chasseuse relaxée par le tribunal correctionnel de Montluçon


09 novembre 2021

Une chasseuse de 68 ans a été relaxée, ce soir, par le tribunal correctionnel de Montluçon. Elle était poursuivie pour "mise en danger d'autrui par violation manifestement délibérée d'une obligation règlementaire de sécurité et de prudence". Une automobiliste avait porté plainte après qu'un coup de feu avait été tiré en direction de la route sur laquelle elle circulait, le 2 novembre 2019, à Urçay.

"J'ai vu un sanglier passer. Puis j'ai entendu un coup de feu". Devant les juges, la victime a décrit une scène qui lui fait encore froid dans le dos. "C'était tellement fort que j'ai cru que la balle avait traversé la voiture. Le bruit est encore bien présent dans ma tête". Même deux ans après. "Cela m'angoisse à chaque fois que je passe en voiture dans une zone de chasse". Son avocat a réclamé 5.000 euros de dommages et intérêts. 

Mais alors que s'est-il passé ce jour-là? Sur le banc des prévenus, une femme de 68 ans. Chasseuse depuis plus de vingt ans, elle était donc accusée d'avoir tiré le coup de feu. Des faits qu'elle aurait reconnus auprès du président de la société de chasse de Meaulne, dès le lendemain. Des aveux qu'elle a finalement contestés, cet après-midi, devant les juges. 

" Ils s'allient tous contre moi", a-t-elle tenté de plaider, expliquant être dans le rôle de la coupable idéale. "Mais alors, qui a tiré?", interroge la présidente. " Ce sont peut-être des chasseurs derrière moi. Moi je n'avais plus de balle dans ma carabine". 

Pas de quoi convaincre le procureur qui avait requis six mois de prison avec sursis, et l'interdiction de détenir une arme pendant trois ans à l'encontre d'une mise-en-cause qui essaie, a t-il dit, "de noyer sa reponsabilité". Le tribunal n'a donc pas suivi ces réquisitions, en prononçant la relaxe de la sexagénaire. Il a jugé qu'il était impossible de prouver qu'elle était effectivement à l'origine du coup de feu. 

Photo d'illustration.