"On est dévastés" : en quatre jours, Justine a perdu ses deux grands-parents, atteints du Covid-19


10 novembre 2020

Situation toujours très tendue, ce mardi, au Centre hospitalier de Montluçon. Environ 70 malades du Covid-19 sont toujours pris en charge. Et depuis le début de cette deuxième vague, il y avait, à hier midi, 23 décès d’ores et déjà recensés, c’est 4 de plus qu’il y a trois jours.

Il y a donc ces chiffres, bruts…. Et puis, il y a tout ce que l’on ne voit pas, ce que l’on n’entend pas. Ces familles endeuillées par la mort souvent brutale d’un être cher. Des familles frappées de plein fouet par un virus qui paraissait si abstrait, si lointain, il y a quelques semaines, quelques mois encore.

Parmi ces familles meurtries par l’épidémie, il y a celle de Justine Martin. Cette Montluçonnaise de 28 ans a perdu, coup sur coup, ses deux grands parents, deux octogénaires habitants de Désertines, ces derniers jours. Les deux sont décédés à quatre jours d'intervalle, après quatre jours d'hospitalisation dans le service médical d'accueil du Centre hospitalier de Montluçon. Emportés par ce que leur petite-fille appelle aujourd'hui "ce putain de virus".

Ulcérée par certains commentaires ci et là et notamment sur les réseaux sociaux, Justine Martin a aujourd’hui accepté de prendre la parole et de raconter ce véritable cauchemar. " En quatre jours, tout a basculé. On n'a rien vu venir. On est dévastés. On trouve cela terrible et injuste". 

D'autant que le deuil est très difficile à faire, tant le protocole lié aux victimes du Covid est strict. Pas de possibilité de voir ses proches une dernière fois, de les habiller, de les toucher. Les obsèques auront lieu aujourd'hui, avec 25 personnes maximum, quand beaucoup plus auraient souhaité être présents.

Si aujourd'hui, la jeune femme a souhaité témoigner, à notre micro, c'est parce qu'elle était lassée des messages de dénis lus notamment sur les réseaux sociaux. " On est à Montluçon. Mais le Covid est bien là. Ce n'est pas que dans les grandes villes. Il y a beaucoup de gens dans le déni. Certains parlent de complots. J'aimerais que ce genre de propos s'arrête. Que les gens respectent le personnel soignant, les défunts. Et ceux qui restent et qui souffrent..."

Témoignage complet diffusé dans nos éditions de ce mardi. 

Photo d'illustration