Main baladeuse, propos graveleux.... Un restaurateur montluçonnais condamné pour agressions sexuelles et harcèlement


13 février 2024

Le gérant d'un restaurant montluçonnais a été condamné à 30 mois de prison dont 18 avec sursis, cet après-midi, au tribunal judiciaire de la ville. Ce trentenaire a été reconnu coupable d'agressions sexuelles et de harcèlement sexuel sur trois de ses anciennes employées. Il a également été condamné pour un outrage sexiste à l'encontre d'une apprentie âgée de quinze ans.

C'est une brasserie du coeur de ville à la réputation plutôt flatteuse. Ce qui s'y est noué en coulisses durant de longs mois était beaucoup plus glauque. "Il était persuadé qu'il pouvait faire ce qu'il voulait avec son personnel", résume, en procédure, l'une des victimes. Au total, elles sont finalement quatre à avoir livré leur témoignage. 

Après trois ans de main aux fesses, sur la poitrine, parfois par dessous les vêtements, de baisers forcés, l'une d'elle a fini par libérer sa parole. C'était le 31 août dernier. A la suite d'un épisode où son patron l'a bloqué dans un petit couloir, nécessitant l'intervention de clients. La fois de trop. "On était tout près de passer à autre chose qu'un délit", remarque la présidente. Une première employée qui parle. Puis deux. Puis trois. Et enfin quatre témoignages à charge au fil de l'enquête. "Des employées jeunes et vulnérables", note l'avocate de l'une d'elles. Toutes décrivent un homme sans retenue. En gestes donc. Mais aussi en paroles. Crues. Graveleuses. 

Devant les juges, l'homme, pourtant plutôt imposant, peine à s'exprimer. Il invoque tantôt "un jeu de séduction", tantôt "des blagues". "Mais ça ne faisait rire que vous", rétorque la présidente. Alors, il s'exprime davantage. Reconnaît avoir été "lourd, agaçant", avoir "manqué de discernement. Je regrette complètement. Je n'avais pas à faire ça. J'en ai pris conscience depuis le 31 août". Celui qui se décrit comme "quelqu'un de bienveillant", qui a souvent rendu service à ses employées, pointe aussi ses problèmes d'alcool, et un état d'ivresse quasi continu, sur la fin de la période de prévention. Ses difficultés personnelles aussi. Son avocate note le témoignage d'une autre salariée qui assure n'avoir rien vu.

A quelques centimètres de lui, près de la barre, celle qui a dénoncé les faits lève régulièrement les yeux au ciel en écoutant son récit. "Je ne lui ai jamais laissé aucune porte ouverte, raconte-t-elle. Je n'ai jamais été d'accord. Pourtant, à un moment, je me suis sentie coupable". Et de décrire sa santé mentale actuelle. Troublée. "Je suis dans un état lamentable. Sous anxyolitique". Et à la question pourquoi avoir attendu trois ans pour se libérer de ce poids, elle répond "la peur de ne pas être crue. Je n'avais que mes dires pour preuves. Il connaaît la moitié de Montluçon. J'avais peur des représailles".

Décrivant un homme "qui (l') m'inquiète beaucoup" eu égard à une expertise psychiatrique qui faisait état d'un "prédateur sexuel", le procureur de la République avait tapé fort dans ses réquisitions, en demandant une peine de 30 mois de prison dont 6 avec sursis, avec mandat de dépôt à l'audience. Le restaurateur a finalement échappé à une incarcération immédiate puisque la partie ferme de la peine prononcée par le tribunal est aménageable sous bracelet électronique. Le mis-en-cause a également interdiction, désormais, de travailler avec des mineurs. Il a 10 jours pour, potentiellement, faire appel.