Julian Alaphilippe sur le Tour de France pour tenter de "gagner des étapes"


28 août 2020

Au départ de son quatrième Tour de France, ce samedi, à Nice, Julian Alaphilippe (Deceuninck Quick step) se veut ambitieux, mais lucide. Le coureur bourbonnais ne vise pas le classement général. Mais des victoires d'étape.

Il l'a répété à l'envi, hier. Pour que les choses soient claires dans l'esprit de qui veut bien l'entendre. "Je ne suis pas venu ici pour le classement général". A enfoncé le clou, un peu plus tard, lors de la conférence de presse d'avant Tour, organisée, à distance, par son équipe, "bulle sanitaire" oblige. "On n'est pas là pour gagner le Tour". Une manière de prévenir. De dire que le Julian Alaphilippe du Tour 2019, 5e au classement final, en jaune deux jours avant l'arrivée à Paris, à la lutte, tous les jours, avec les cadors, c'est du passé. En attendant, peut-être, de revenir un jour dans l'optique de jouer la gagne finale.

En attendant, la tentation est grande, malgré tout, de vouloir comparer, entre 2019 et 2020. Mais le natif de Saint-Amand Montrond coupe. "C'est incomparable. On traverse une saison particulière. La préparation a été différente". Il y a quatorze mois,  surtout, il était arrivé sur la plus grande épreuve du monde avec la musette remplie de (grands) succès (Milan-San Remo, Strade Bianche, Flèche Wallonne...). Et la confiance qui va avec. Mais depuis sa démonstration dans le contre-la-montre de Pau, le 19 juillet 2019, celui qui a grandi à Montluçon n'a plus levé les bras. De quoi l'inquiéter? "Ma forme va de mieux en mieux. J'ai envie de bien faire. Je suis plutôt relax. Je n'ai pas forcément de pression". Certes. Mais on connaît le garçon. Son appétit de victoires. Sa soif de vaincre. 13 mois au régime sec, même dans une saison tronquée, ça ne doit pas beaucoup lui plaire. Et aiguiser de plus en plus son appétit. "Ce serait génial de pouvoir lever les bras ici, sur le Tour. Cela va être mon objectif dans les trois prochaines semaines". 

Et ça tombe bien. Le tracé ultra accidenté de cette édition 2020 devrait lui offrir des opportunités. "Le parcours va s'y prêter. J'ai fait pas mal de reconnaissances. Il y a vraiment de quoi faire. Beaucoup d'occasions de s'illustrer". Et une première dès dimanche, lors de la deuxième étape, avec 3.600 mètres de dénivelé positif dans l'arrière-pays niçois. Une possibilité aussi de doubler victoire d'étape et maillot jaune " Je ne vais pas le cacher, c'est une bonne opportunité, assume-t-il. C'est une étape très difficile, mais je vais essayer, c'est sûr".

Les autres sont prévenus. Et ils devront sans doute le surveiller aussi, dans une quinzaine de jours, lors des deux étapes auvergnates prévues au programme, où ses fans locaux seront privés de selfies et d'autographes à cause du contexte sanitaire. "C'est toujours spécial de passer près de chez soi, sur des routes qui sont un peu familières", convient celui qui vit désormais en Andorre, en compagnie de la consultante de France TV Marion Rousse.

En clair, on devrait beaucoup voir Julian Alaphilippe dans le petit écran dans les trois semaines qui viennent. L'épisode 2019 avait été haletant. Celui de 2020 reste à écrire.