"Jeu débile" et artère fémorale sectionnée : l'élève gendarme condamné à de la prison avec sursis


14 février 2024

Un homme de 26 ans a été condamné à 6 mois de prison avec sursis, hier, au tribunal correctionnel de Montluçon. Il a été reconnu coupable de blessures involontaires. Il était au départ poursuivi pour violences aggravées. Mais les faits ont été requalifiés.

Alors élève gendarme à Montluçon, le jeune homme participe à une soirée entre camarades. Sur fond d'alcool, elle se termine au domicile de l'une d'elle. Où se trouvent des katanas. Sur lesquels tombent les yeux du mis-en-cause. Début des ennuis.

En manipulant l'un d'eux, le militaire réputé maladroit blesse superficiellement l'une de ses amies à la main. "Pourquoi vous ne vous arrêtez pas là?", interroge la présidente. Car la suite aurait pu virer au drame. Les sabres supprimés, le compagnon de l'hôte du soir sort alors deux couteaux de lancer. Les deux simulent un combat de samouraïs. "C'était un jeu réciproque", assure le mis-en-cause à la barre. Sauf que l'alcool aidant, le jeu va mal tourner. "J'ai vu qu'il n'avait pas conscience du danger", témoigne la victime. 

Touché par un coup de couteau mal-maîtrisé, l'homme tombe au sol. L'artère fémorale gauche et la veine fémorale gauche sont sectionnées. Il perd une grande quantité de sang. L'auteur du coup prodigue immédiatement les premiers soins. Mais, à l'arrivée des pompiers, le pronostic vital du blessé est engagé. Après un passage en réanimation et une opération chirurgicale, il en sortira vivant. Mais avec des séquelles.

Dès lors, il restait au tribunal une question essentielle à trancher : le coup de couteau était-il volontaire? Pour le procureur de la République, c'est oui. "Le geste est porteur d'une intention coupable. Il est le témoin d'une volonté de domination. La maladresse n'a pas sa part". Pour l'avocat du mis-en-cause, il n'y a "pas d'intention de nuire. C'est un accident. Un jeu débile qui a mal tourné"

Le tribunal a penché du côté du prévenu, en requalifiant la nature des faits. Et en limitant la peine à 6 mois de prison avec sursis. Le gendarme échappe ainsi à une interdiction de port d'arme de deux ans qui avait été requise par le parquet. Elle aurait sans doute signifié sa radiation des rangs de la gendarmerie.