Jets de pierre, menaces de mort, rébellion sur des policiers : un étudiant de 20 ans condamné


04 février 2026

Un jeune homme de 20 ans a été condamné à deux ans de prison dont un avec sursis ce mercredi après-midi, en comparution à délai différé, au tribunal judiciaire de Montluçon. Le 18 décembre dernier, il s'en était violemment pris, d'abord à des policiers municipaux, puis à des fonctionnaires de la police nationale.

A la base, rien ne laissait présager à ce que la situation dérape à ce point. En patrouille, les policiers municipaux voient un cycliste zigzaguer à vive allure sur les trottoirs. Mais lorqu'ils se rapprochent de lui pour lui faire part de sa conduite imprudente, ce dernier se munit de pierres. Qu'il finira par jeter dans leur direction lorsque les agents brandissent un pistolet à impulsion électrique. "J'avais la rage", reconnaît devant les juges cet étudiant au lycée Albert-Einstein qui assure qu'un policier municipal a mis un coup de pied dans son vélo. Cette rage va durer de longues minutes. Car appelés sur place, les fonctionnaires de la police nationale cette fois vont aussi la subir. "Sales flics, les menace-t-il alors. Je suis un fou. Je vais vous faire une dinguerie". Violence dans les propos. Mais aussi dans les actes puisqu'il tente à plusieurs reprises de mordre un policier, une fois arrivé au commissariat.

"Je n'aime pas les policiers en fait", lâche-t-il lorsqu'il est questionné sur le pourquoi de cette interpellation pour le moins mouvementée. "Il a un rapport à l'autorité compliqué", reprend son avocat maître Antoine Douet, en évoquant le passé sinueux du jeune homme à Mayotte, une île qu'il a quittée en septembre dernier pour venir étudier à Montluçon.

Dans le camp des parties civiles, maître Maryline Diat regrette "l'absence d'excuses et de remise en cause". Si l'expertise psychiatrique réalisée depuis les faits ne note pas de troubles majeurs, "le profil est inquiétant", selon l'avocate des fonctionnaire de la police nationale. En requérant à son encontre une peine de quatre ans de prison dont deux avec sursis, le substitut du procureur va dans le même sens. D'autant que le jeune homme avait été interpellé une première fois le matin même des faits car il était porteur d'un katana, en pleine rue, le visage en partie dissimulé. "J'allais tourner un clip", tente d'éclaircir un prévenu qui avait déjà fait l'objet d'un signalement pour s'être promené avec une machette, à proximité de la résidence universitaire dans laquelle il était hébergé, il y a quelques temps.

"Je suis à Montluçon pour faire des études. Pas pour faire des bêtises", plaide-t-il. Le tribunal l'a finalement condamné à deux ans de prison dont un avec sursis, avec maintien en détention. Une interdiction de détenir ou de porter une arme pendant cinq ans a également été prononcée.