12 avril 2017
C'est une petite femme en pleurs qui s'est présentée à la barre du tribunal correctionnel cet après-midi. Une mère de famille meurtrie physiquement, et psychologiquement. Sur son poignet droit, sur l'annulaire de sa main gauche, les stigmates irréversibles des faits pour lesquels elle vient témoigner.
Le 11 mars dernier au matin, son fils de 26 ans rentre alcoolisé au domicile familial à Montluçon, où elle l'héberge depuis quelques semaines. Une situation qui agace cette mère de famille qui a élevé seule ses deux enfants. "Je ne veux pas qu'il soit alcoolisé chez moi. Je lui ai dit que quand il buvait, je voulais qu'il dorme chez des amis. J'ai trop peur qu'il lui arrive quelque chose". Rapidement, le ton montre entre les deux. Et les choses s'enveniment.
"Attaque!". Selon la victime et son deuxième fils, c'est en ce terme que le prévenu aurait ordonné à son chien, un bull-terrier de 3 ans, classé par un vétérinaire dans la catégorie 4, la plus élevée pour sa dangerosité, de s'en prendre à sa mère. A terre, la victime est mordue à une fesse, à une cuisse, elle se protège le visage avec ses mains. Bilan : une phalange amputée, une main droite pour laquelle elle dit ne plus avoir la même sensibilité, et 30 jours d'ITT. Pire. Les séquelles psychologiques sont à la hauteur de la souffrance physique. "Je suis déçue de mon fils. Je lui en veux. Je ne veux plus qu'il vienne chez moi, je ne me sens plus en sécurité avec lui".
Le prévenu baisse les yeux, essuie quelques larmes. "Ca fait mal", dit-il. "Avez-vous dit à votre chien d'attaque ?", interroge la présidente. "C'est possible comme j'étais bourré et sous le coup de la colère. Mais je ne me vois pas lui dire ça", tente-t-il de justifier, rappelant que le chien avait commencé par le mordre lui.
Ancien héroïnomane, le jeune homme a déjà eu affaire à la justice pour des faits de violence. En détention provisoire depuis les jours suivant les faits, il a été condamné à 3 ans de prison, dont 18 mois avec sursis. Il a également interdiction d'entrer en contact avec sa mère. Le chien, devenu "ingérable" selon la SPA, va être euthanasié.
Photo d'illustration
