Elle avait donné des coups de couteau à sa chienne : prison avec sursis et interdiction de détenir un animal pour une Commentryenne


05 septembre 2024

Le tribunal correctionnel de Montluçon l'a reconnue coupable d'acte de cruauté envers un animal. Une Commentryenne de 31 ans a été condamnée à un an de prison avec sursis, cet après-midi, au palais de justice. Elle écope également d'une interdiction définitive de détenir un animal. Dans la nuit du 26 au 27 avril dernier, au domicile des propriétaires, dans la cité minière, elle avait grièvement blessé sa propre chienne en lui assénant deux coups de couteau.

Le vétérinaire qui a opéré l'animal en urgence dans la foulée a indiqué n'avoir jamais vu ça en dix-huit ans de profession. Il faut dire que Bulma, c'est le nom de cette chienne Rottweiler de sept ans, a échappé de peu à la mort. Dans son encolure, ce sont des plaies de 10 centimètres de profondeur, causées par un couteau équipé d'une lame de 20 centimètres, qui avaient du être opérées. Heureusement, et presque miraculeusement, avec succès.

"Vous vouliez la tuer?, interroge la présidente. En larmes depuis le début de l'audience, la prévenue assure que non. "C'est atroce ce que j'ai fait".  "Vous vouliez lui faire mal ?", poursuit la magistrate. La jeune femme ne dit rien avant de prendre la parole. "Car elle me faisait mal depuis sept ans". Les déjections retrouvées au domicile du couple, ce soir-là, alors qu'il rentrait, alcoolisé d'une soirée étaient donc "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", image son avocat maître Fabrice Héas. Il dresse le portrait d'une femme présentant des symptômes dépressifs. Agacée aussi de devoir ramasser les besoins de son animal, en rentrant du travail. "C'était le soir de trop", tente-t-il d'expliquer, en plaidant les bons soins qui étaient donnés à l'animal, avant cette nuit de cauchemar.

"C'était un geste d'une extrême violence", pointe le procureur de la République, Christian Magret. Surtout, les avocats des deux associations de défense des animaux qui s'étaient constituées parties civiles pointent de leur côté la froideur de la mise-en-cause, qui s'était d'abord munie d'un couteau, avant d'enlacer sa chienne... puis de lui asséner les deux coups de couteau. "Elle a alors pleinement conscience de ce qu'elle fait, remarque le représentant du ministère public. C'est la révélation d'une capacité de violence extrême". 

L'avocat de l'association Stéphane Lamart, Patrice Grillon.

En plus de la peine principale prononcée par le tribunal, la désormais ex-propriétaire de la chienne devra également indemniser les parties civiles à hauteur de 1.800 euros au titre des dommages et intérêts. La jeune femme devra par ailleurs rembourser 1.307 euros à l'association Stéphane Lamart qui a recueilli l'animal depuis sa sortie de la clinique vétérinaire. Et qui en est désormais propriétaire. Bulma va bien. Elle va bientôt pouvoir retrouver une famille puisqu'elle va être placée à l'adoption. Avec l'espoir d'un nouveau départ.

Sujet complet et réactions des avocats dans nos rendez-vous d'information locale de demain dès 7 heures sur le 92.3 FM et l'appli RJFM.

Photo : Association Stéphane Lamart.