Transport d'héroïne de la Belgique vers Montluçon : cinq ans de prison ferme pour l'organisateur présumé


23 septembre 2026

C’est un quantum de peine qu’il est assez rare de voir prononcé par le tribunal correctionnel de Montluçon. Un Montluçonnais de 45 ans a été condamné à cinq ans de prison ce mardi. Une peine annoncée en l’absence du principal prévenu, qui avait rapidement quitté l’audience à laquelle il était connecté en visio-conférence.

Le tribunal l’a en tout cas reconnu coupable d’avoir organisé un voyage destiné à importer de l’héroïne, depuis la Belgique, vers Montluçon. Les faits remontent à il y a presque cinq ans, le 26 novembre 2021. Les douanes avaient intercepté un véhicule sur l’A71 à Bourges avec 5 kilos de drogue, cachés dans le système de ventilation. Celui qui le conduisait, âgé d’une quarantaine d’années également, a lui été condamné à 18 mois de prison.

"Chaque voyage à 2.000 balles, je ne vais faire que ça, on va être tranquille". Voilà ce que cet habitant de Montluçon dit dans une vidéo retrouvée par les enquêteurs dans l’un de ses téléphones. Alors, devant les juges, ce consommateur de cocaïne ne tente pas l’impossible : oui il conduisait cette voiture ce jour-là, et oui, il savait qu’il allait transporter du produit stupéfiant, mais, assure-t-il, sans savoir exactement ce que c’était.

"Il a été le dindon de la farce", plaide son avocat maître Fabrice Héas. "Le contrôle tel qu'il est fait me surprend car il n'y a aucun élément qui permettait de penser qu'il y avait des stupéfiants dans ce véhicule. J'ai l'impression qu'on a essayé d'arrêter monsieur pour essayer de faire passer d'autres marchandises".

Avec une question en toile de fond : qui était le donneur d’ordre, derrière cette expédition ? A la barre, le conducteur au casier vierge avant ces faits dit avoir peur des représailles, mais désigne, sans les nommer, deux hommes qui le précédaient dans une voiture ouvreuse. Parmi eux, le principal mis-en-cause dans ce dossier, actuellement incarcéré dans le cadre d’une affaire criminelle, et qui avait envoyé à l’autre prévenu des dizaines de messages de menaces, en n’ayant plus de ses nouvelles, le jour de l’interpellation.

Ce quadragénaire - déjà condamné pour des faits liés aux stupéfiants – ne s’est donc pas expliqué sur cette potentielle implication, puisqu’il avait décidé de quitter la visio-conférence, avant que les débats ne commencent. Il ne voulait en effet pas être jugé sans son avocat, qui avait au préalable formulé une demande de renvoi, car il était pris sur une audience devant la cour d’Assises. Demande rejetée donc par le tribunal, car ce dossier avant déjà fait l’objet de trois renvois. Avant de quitter la visio-conférence, le principal mis-en-cause avait exprimé sa volonté de faire appel, "quoi qu’il arrive".