François Ruffin aux salariés d'Erasteel : "Vous faites l'objet d'un pillage!"

Un nouveau parlementaire au chevet des salariés d'Erasteel. François Ruffin était à Commentry, ce jeudi. Le député de la Somme, membre du groupe Ecologiste et social s'est entretenu avec des représentants de l'intrsyndicale, avant un temps d'échange avec des salariés au pied du Forgeron qui trône devant l'usine.

Celui qui a pris ses distances avec LFI a parlé de la situation d'Erasteel comme d'un "cas d'école. Vous faites l'objet d'un pillage!, a développé François Ruffin. Un pillage par l'est sur le travail. C'est l'acier chinois, qui est beaucoup moins cher et qu'on laisse importer dans notre pays. Et c'est un pillage par l'ouest, avec des fonds américains de Syntagma capital, justement, sur le capital".

Le parlementaire, qui s'est déclaré candidat à une primaire à gauche en vue des élections présidentielles de 2027, a pointé du doigt "un pays trahi par ses dirigeants. Les dirigeants qui devraient protéger nos usines, les laissent être livrés à la finance mondialisée et au libre-échange généralisé". Il a appelé à la mise en place de taxes aux frontières, de barrières douanières et de quotas d'importation pour lutter contre la concurrence asiatique.

Sur la situation particulière de l'usine commentryenne, le député picard a enjoint l'Etat à investir sur l'activité de recyclage, via la BPI (banque publique d'investissement).

Il a également estimé que les services de l'Etat avaient la possibilité ne pas homologuer le plan de sauvegarde de l'emploi, en discussions jusqu'au 11 février. Cela permettrait "de repousser l'échéance afin que des solutions soient trouvées".

En début de semaine, une lettre ouverte avait été publiée par l'intersyndicale, inquiète du manque d'avancée autour d'un projet de reprise de ce site historique du bassin montluçonnais. Ses membres avaient appelé leur direction et l'Etat à "prendre leurs responsabilités. La Forge ne doit pas devenir un symbole de plus des promesses non-tenues », avaient-ils écrit. Le plan de sauvegarde de l'emploi présenté début novembre prévoit la suppression de 190 emplois sur les 240 que compte le site bourbonnais.