Trois semaines après sa chute au Tour des Flandres, Julian Alaphilippe est de retour à la compétition dimanche sur Liège-Bastogne-Liège. Pas à 100%. Mais désireux d'aider son équipe à (enfin) l'emporter sur une grande course, cette saison. Mais aussi à chasser les doutes.
Il y a quelques temps encore, son nom aurait figuré tout en haut de la liste des prétendants. Et si la Doyenne des classiques s'est jusqu'ici toujours refusée à lui, le coureur qui a grandi à Montluçon est plusieurs fois passé tout près de la victoire. 2e en 2015 et 2021, 4e en 2018, 5e en 2020... Son appétence pour l'une des classiques dont il se rêve en vainqueur depuis le début de sa carrière n'est plus à démontrer.
Oui mais voilà, depuis 2021 où il avait été battu au sprint par Tadej Pogacar, la donne a changé. Et au départ du Monument belge, dimanche, Julian Alaphilippe fera presque figure d'anonyme. On exagère un peu évidemment tant son pedigree et sa côte de popularité font forcément de lui un coureur surveillé. Mais il ne faut (a priori) pas se faire d'illusion. Sa forme actuelle ne lui permet pas de lutter avec les tous meilleurs, le glouton Pogacar en tête.
Touché à un genou après sa chute au Tour des Flandres, le natif de Saint-Amand Montrond se satisfaisait simplement, cette semaine, dans L'Equipe, que son "genou ne l' (m') empêche plus de rouler". Absent de l'Amstel gold race, dimanche dernier, il en a profité pour faire du fond. Une belle sortie de 200 kms. Puis une autre de 5 heures mercredi, pendant que ses petits camarades du peloton s'expliquaient sur les pentes du mur de Huy sur la Flèche Wallonne, là même où il était injouable il y a encore quelques mois.
Dans ce contexte, le Montluçonnais le sait. "Je ne serai pas dans les meilleures dispositions, expliquait-il, lucide, dans le quotidien sportif. Mais si je peux être utile à l'équipe". À l'équipe. Et surtout à son leader. Celui qui lui a succédé avec le maillot arc-en-ciel. Celui qui est en train de prendre la lumière qu'il attirait ces dernières années. Le prodige belge Remco Evenepoel sera sans doute le seul danger pour Pogacar, demain, dans les monts ardennais. Et pour l'équipe Soudal Quick-step, en retrait net depuis le début de la saison, il y a presque urgence à performer à nouveau. "Je me mettrai au soutien de Remco, puis je me projetterai vers la suite".
La suite? C'est la préparation pour le Tour de France. Une préparation qu'il espère (enfin) optimale et sans pépin. Pour (enfin) arriver à 100% à un grand rendez-vous. Ce qui ne lui est plus arrivé depuis très longtemps. Et pour peu que son directeur sportif le laisse un peu tranquille (Patrick Lefévère a fait ces dernières semaines plusieurs sorties médiatiques où il estimait que Julian Alaphilippe n'était aujourd'hui pas au niveau sportif que sa rémunération pourrait le laisser espérer, NDLR), il y a de quoi espérer des jours meilleurs. Pour que celui qui a débuté à l'ECMM retrouve sa place en haut de la liste des prétendants aux grandes victoires. Comme avant.
Photo : Dario Belingheri/ Getty Images/ Soudal Quick step.